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RECHUTE DE BURN-OUT : LA PEUR QUE CA RECOMMENCE

Photo du rédacteur: Marie Laure Romary
Marie Laure Romary
il y a 1 jour
5 min de lecture

Tu vas mieux. Tu as repris le travail.

Et un matin, après une mauvaise nuit, une phrase s'allume : "et si ça recommençait ?"

Tu la chasses. Tu te dis que tu exagères.

Tu ne l'inventes pas. La rechute burn-out existe, elle est mesurée, et ce qui la déclenche est connu. Éteindre les symptômes, ça soulage. Ça ne coupe pas la racine du mal-être.


Femme tenant une tasse au petit matin, illustrant la peur d'une rechute burn-out

1 PERSONNE SUR 4 RECHUTE, MAIS AUCUNE ÉTUDE N'EXISTE EN FRANCE


Deux études belges, publiées à deux ans d'écart, arrivent au même ordre de grandeur.


La première a suivi 352 personnes diagnostiquées en burnout par un psychiatre. Le taux de rechute y atteint 26 %, une rechute étant définie comme un nouvel arrêt de travail d'au moins un mois.


La seconde a été menée à la KU Leuven, une grande université belge, sous la direction d'un professeur de médecine du travail. Achevée en 2025, elle a suivi environ 150 personnes pendant l'année qui a suivi leur retour au travail : 28 % ont rechuté dans l'année pour des raisons de santé mentale.

Plus d'une personne sur 4.

Ce qui m'étonne, c'est qu'aucune étude française n'ait mesuré ça. En 12 ans de coaching, la peur de refaire un burn-out revient dans presque toutes mes séances de fin de parcours. Elle est partout dans les cabinets, et nulle part dans les chiffres.



RECHUTE DE BURN-OUT : POURQUOI LES SYMPTÔMES REVIENNENT


Dans l'étude de la KU Leuven, un facteur ressort clairement : plus les symptômes d'anxiété et de dépression sont présents au moment de la reprise, plus le risque d'un nouvel arrêt augmente.


Reprendre parce que la date était fixée, ce n'est pas la même chose que reprendre parce que l'on va réellement mieux.

Traduction : personne ne rechute par manque de courage. Ce qui revient, c'est une racine qui n'a pas été questionnée.


Mains rempotant une plante et dégageant ses racines


C'est là que les conseils habituels deviennent un problème.

  • "Dors mieux."

  • "Prends du recul."

  • "Lâche prise."

Ces trois phrases ne sont pas fausses, elles sont incomplètes. Elles s'adressent à la fatigue,

jamais à ce qui la fabrique.

Tu peux dormir huit heures par nuit et continuer à dire oui à tout, à porter ce qui ne t'appartient pas, à remplir chaque case de ton agenda.

Le sommeil répare la nuit. Il ne change pas la journée.


Dire non, repérer ce qui te vide, garder du temps pour toi : ça ne s'installe pas en une fois. C'est exactement ce que je t'envoie dans Ancrage, le premier et le troisième dimanche du mois.

Un sujet par envoi, traité à fond, avec un exercice que tu peux mettre en pratique immédiatement.

Assez pour avancer, assez léger pour tenir dans une semaine chargée.




CE SOIR-LÀ, J'AI COMPRIS QUE JE COMPENSAIS


Il y a quelques années, je suis rentrée d'une journée que j'avais pu supporter uniquement en me répétant une seule chose : "tiens bon, tu pourras pleurer une fois chez toi."


En fermant la porte, je me suis dit : "ça y est, je m'effondre à nouveau, ça ne finira jamais."


Clés et manteau posés dans une entrée en fin de journée

J'ai grandi dans un environnement toxique et j'ai connu mon premier effondrement à 18 ans.

Depuis, je vivais un cycle que je trouvais infernal et parfaitement banal : tenir bon, m'effondrer, tenir bon à nouveau.

Ce soir-là, j'ai craqué auprès d'un ami. Il m'a dit une phrase qui a changé ma vie : "tant que tu compenses un système qui dysfonctionne, il n'a aucune raison de changer."


Le déclic est venu de là. Il était temps d'arrêter de compenser. Restait à savoir comment. J'ai passé les années suivantes à chercher la racine plutôt qu'à gérer les effets, puis j'ai changé de métier pour aider d'autres femmes à déprogrammer ce logiciel interne.



6 CHOSES QUI TE PROTÈGENT VRAIMENT


Aucune ne concerne ton sommeil. Toutes concernent ce qui produit ta fatigue.


  • Reconnaître tes émotions et tes besoins. Tu as sans doute passé des années à savoir ce dont les autres avaient besoin, voire à l'anticiper. Tout en faisant l'impasse sur tes ressentis et tes propres besoins, par oubli de toi ou par culpabilité. Apprendre à accueillir tes émotions et leurs messages pour prendre ta place, c'est une des premières clés que l'on explore ensemble.


  • Dire non sans culpabiliser. Tu dis oui par réflexe ou par culpabilité, pas par manque de courage. Il en faut, du courage, pour tenir depuis si longtemps. Alors ne cherche pas le courage, prends du temps. Le réflexe devient une phrase : "Je te réponds demain matin." Ou simplement "Je ne peux pas", sans te justifier. Développer ton assertivité est le fil rouge de mes accompagnements.


  • Garder un quart de ton agenda vide. C'est ma règle personnelle, celle qui me permet de tenir sans stresser : je ne remplis jamais plus de 75 % de mon temps. Le quart restant absorbe les imprévus, et les imprévus arrivent toujours. Un agenda plein à ras bord transforme chaque aléa en crise.


Agenda papier ouvert avec des plages laissées libres

Il existe aussi d'autres moyens de déprogrammer le burn-out :


  • Sanctuariser un temps pour chaque chose (clé 5)


  • Construire ta boussole à partir de tes valeurs, pour décider sans hésiter à chaque fois (clé 6)


  • Réaménager ta vie, travail, relations, lieu de vie, pour qu'elle ne puise plus dans ton énergie (clé 6)


Ces six leviers viennent des 7 clés de la sérénité, la méthode que j'ai construite à partir de ce que j'ai dû reconstruire moi-même.



UN SIGNAL FAIBLE, EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE QUE JE RECHUTE ?


Non. Et c'est le contresens le plus fréquent.


Après un épisode d'épuisement, beaucoup de femmes surveillent chaque nuit blanche comme un symptôme. Une mauvaise semaine devient une preuve. Cette vigilance permanente épuise autant que ce qu'elle surveille.

Un signal faible ne se lit pas comme un verdict, il se lit comme une demande de pause :

  • Dormir un peu plus cette semaine.

  • Déléguer une tâche.

  • Demander un coup de main.

  • Parler à quelqu'un de proche.


Rien de spectaculaire, et surtout pas de "ça y est, je suis à nouveau foutue".

Et un signal peut arriver alors qu'au travail tout va bien. C'est même fréquent, parce que l'épuisement ne vient pas toujours du travail. Si tu veux savoir à quoi ressembleraient tes propres signaux, je te détaille les repères du burn-in.

En coaching, ce travail se fait à la fin du parcours. On identifie ensemble tes ressources et on installe tes garde-fous : ce qui t'alerte, ce que tu fais quand ça s'allume, qui tu appelles.


Pas pour surveiller ta fatigue. Pour ne plus avoir à la surveiller.





Tu as le droit d'écouter un signal avant qu'il devienne un diagnostic. Et si là, tout de suite, ce qui te ferait du bien c'est de poser des mots sur ce que tu traverses, tu peux m'écrire. Je réponds sous 48h.


Tu n'as pas à t'effondrer une deuxième fois pour être prise au sérieux.




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