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ÉVITER LE BURN-OUT À LA RENTRÉE : LE PIÈGE DE L'ORGANISATION

  • Photo du rédacteur: Marie Laure Romary
    Marie Laure Romary
  • 8 août
  • 5 min de lecture


Fin août. Tu ouvres ton agenda de septembre.

Déjà, tu commences à caser.

Tu te dis que cette année, tu vas t'y prendre en avance.

Mieux t'organiser. Tenir, pour de bon.


Faux.


Ce réflexe, "mieux m'organiser", c'est précisément celui qui t'a vidée l'an dernier.


Éviter le burn-out à la rentrée, ce n'est pas devenir une version plus efficace de celle qui coule.


C'est retirer de la charge avant d'en ajouter. Et ça, aucune méthode ne te l'apprendra à ta place.


Bureau en désordre avec papiers froissés et le mot burn-out, pour éviter le burn-out à la rentrée


MIEUX T'ORGANISER NE TE PROTÈGE PAS, ÇA T'ÉPUISE MIEUX


Les chiffres sont têtus.


En 2025, le baromètre Empreinte Humaine comptait près d'un salarié sur deux en détresse psychologique, et près d'un sur trois exposé à un risque de burn-out.


Ce n'est pas la fragilité de quelques-unes. C'est un climat.


Et ce climat ne frappe pas à égalité.

Chez les femmes, et davantage encore chez les femmes cadres, cette souffrance est deux fois plus fréquente que chez les hommes.

Si tu t'es souvent demandé pourquoi toi, voilà un début de réponse : ce n'est pas toi qui es trop fragile, c'est la charge qui est mal répartie.


Les études le répètent, année après année : ce qui épuise, ce n'est pas un manque de méthode.

C'est la charge, le manque de reconnaissance, le travail qui déborde sur tout le reste. Le cabinet qui publie ces chiffres le dit lui-même, les vrais leviers ne sont jamais "sois mieux organisée".


Le piège est là. Quand tu es déjà en dette d'énergie, mieux t'organiser ne retire rien.

Tu deviens performante à t'épuiser. La machine tourne mieux, mais elle te broie toujours. C'est pour ça qu'une rentrée "bien préparée" peut te mener droit au mur : tu as optimisé le chemin, pas la destination.


Femme épuisée, tête dans les mains devant son ordinateur au moment de la reprise


ÉVITER LE BURN-OUT À LA RENTRÉE, C'EST RETIRER AVANT D'AJOUTER


Avant de décider quoi que ce soit pour septembre, arrête-toi.

Fais le point. Pas à chaud, dans ta tête, entre deux réunions.

Prends quelques minutes pour comprendre où en est ton énergie, ce qui pèse, ce que tu portes sans même le voir.

J'ai créé pour cela un test, en accès libre. Trois minutes pour poser noir sur blanc où tu en es vraiment, avant de remplir ton agenda de choses que tu n'as pas choisies.





Chaque tâche que tu reprends en pilote automatique n'est pas neutre.

Elle tient en place parce qu'elle répond à une peur :


  • La réunion du lundi que tu animes toute seule : "sinon personne ne la prépare".

  • Les activités des enfants que tu pilotes seule : "sinon je suis une mauvaise mère".

  • Le cadeau commun que tu avances à chaque fois : "sinon personne n'y pense".


Ce ne sont pas juste des cases dans ton agenda.

Ce sont des permissions que tu ne t'es jamais données.


Et c'est là que la plupart des conseils de rentrée se trompent.

"Délègue, implique tes proches."

Sauf que tu ne peux pas déléguer ce qui est invisible aux autres.

Tant que personne ne sait ce que tu portes, personne ne le reprendra à ta place.



CE QUE J'AI CRU DEVOIR REPRENDRE, MOI AUSSI


Femme de dos marchant vers la lumière sous une arche végétale, image de reconstruction

Dans l'environnement où j'ai grandi, un dogme sectaire décidait de tout.

Mon emploi du temps ne m'appartenait pas. Il était rempli par d'autres, minute par minute, et chaque minute devait prouver mon utilité.

Le message de fond ne variait jamais : quoi que tu fasses, tu n'en fais pas assez.

On m'a élevée avec un ordre simple.

Pas "fais de ton mieux". Sois parfaite. Alors quand j'ai quitté ce cadre, j'ai fait la seule chose que je savais faire. J'ai repris. Un rythme, des rôles, des obligations. Vite.

Parce qu'un espace vide me terrifiait plus que la surcharge : un vide, ça voulait dire que je ne servais à rien.

Il m'a fallu des années pour désapprendre ça.

Comprendre que reprendre une charge juste parce qu'elle est attendue, ce n'est pas de la volonté. C'est un automatisme. Le mien s'appelait "prouver que je mérite ma place". Le tien porte peut-être un autre nom. Mais si tu remplis septembre avant même d'y être, pose-toi la vraie question : qui tient le stylo ?



L'EXERCICE DES 5 : DÉLÉGUER OU REFUSER


Carnet à spirale vierge, stylo et tasse de café, prêts pour l'exercice des cinq tâches

Tu ne peux pas lister ce que tu ne vois pas.

Alors on ne part pas de ta charge invisible. On part de ton agacement.

Ce que tu fais à contre-cœur, lui, remonte tout seul. C'est ce qui va te guider.


  • 🌿 Écris les 5 premières choses que tu fais à contre-cœur et que tu vas reprendre à la rentrée. Sans réfléchir. Les 5 qui montent en premier. Si elles montent vite, c'est qu'elles pèsent depuis longtemps.


  • En face de chacune, un choix : déléguer, ou refuser. Ce ne sont pas les mêmes gestes.


  • Prends la première tâche de ta liste. Celle qui te noue le ventre.

    Deux issues, une seule à choisir.


    Soit elle est déjà à toi, et tu la délègues. Déléguer, ce n'est pas la refiler discrètement en espérant que quelqu'un suive. C'est le dire tout haut : "Le suivi des congés, c'est moi qui le tiens depuis deux ans. En septembre, je passe la main." Tant que tu ne le nommes pas, ça reste à toi. Personne ne reprend une charge qu'il ne voit pas.


    Soit on s'apprête à te la remettre, et tu la refuses. Mais avant qu'elle atterrisse, pas après. Le jour où on répartit, tu dis : "Cette année, je ne reprends pas l'organisation du pot de rentrée." Sans te justifier.


    Un non que tu expliques, on le négocie. Un non que tu poses, il tient.



ALLÉGER, C'EST UNE COMPÉTENCE, PAS UN LUXE


Si ces 5 choses sont retombées sur toi et pas sur d'autres, ce n'est pas un hasard.


Derrière, il y a des automatismes anciens :

  • Le "sois parfaite", qu'on t'ait élevée avec ou pas, qui fait que personne ne le ferait jamais assez bien à ta place.

  • Le "fais plaisir" qui rend chaque non hors de prix.

  • On ne défait pas ça avec une meilleure organisation.

  • On les démantèle un par un et on les remplace par de nouvelles permissions.


C'est le travail qu'on fait en séance : identifier ce qui te pousse à tout reprendre, pour que déléguer et refuser deviennent des options concrètes. Si tu veux poser ça avant la rentrée, la séance découverte est faite pour ça.





Alléger n'est pas un caprice de rentrée. C'est une compétence. Celle que personne ne t'a apprise, parce qu'on t'a surtout félicitée de tout porter.


Ta fatigue n'est pas un manque de méthode. C'est un trop-plein que personne ne t'a appris à poser.




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